Je suis arrivée au Pérou le 15 février, après avoir rejoint Antoine dans l’avion. Nous attendaient à l’aéroport Anibal, l’administrateur de l’ONG au sein duquel Antoine a travaillé ses 4 derniers étés, Ariane, une amie d’Antoine bénévole aussi et arrivée une journée avant nous, et Denisa, une petite future nonne, travaillant comme assistante de la présidente de l’ONG, Diana. (Je ferai une entrée de blogue complète sur ce… personnage) Nous allions cette nuit-là loger chez Diana, sa maison, immense, faisant aussi office de bureau pour l’ONG.
On est parti pour le Sud du Pérou le lendemain même de notre arrivée, après avoir visité 3 appartements et être désormais désillusionnés… les apparts à Lima sont chers ou/et vraiment pathétiques. Bref, le vendredi 15 février en soirée on est parti pour le paradis, Huacachina, à 7 km de la ville d’Ica, à 4 heures de Lima. C’est la zone qui a été le centre du tremblement de terre d’août dernier ui a frappé le pays. Huacach, toutefois a été très peu touchée. Simple description : une oasis au milieu dimmenses dunes !!!




Notre hôtel était à la fois peu cher et merveilleux. Primo, c’est un ami d’Antoine qui est le proprio, et on est arrivé sans le savoir le jour de sa fête. Le pisco a donc coulé à flots… Le lendemain, je me suis primo rendue compte de la magnificense des lieux, secundo qu’il y avait une cinquantaine de jeunes qui campaient sur notre terrain et envahissaient la piscine, et tertio qu’il y avait 5 perroquets à l’extérieur. J’étais toute heureuse. En plus, on nous servait un méga déjeuner tous les matins ! Là-bas, jai : fait du 4X4 dans les dunes, du sandboarding, chillé dans les hamacs, mangé mon premier ceviche, vécu ma première brosse au pisco, passé du bon temps avec mon chum et… roulement de tambour… développé une relation amicale avec un petit singe !!! Le hic est que lorsque je voulais m’en aller, la vulnérable créature qui est notre plus proche cousin s’accrochait à moi avec fermeté et commençait à pleurer en me fendant le coeur.


On est reparti le lundi suivant en soirée pour Arequipa, mais les choses n’ont pas tourné comme prévu… D’abord, notre bus est arrivé après 4 heures de retard, après qu’on se soit fait chier par un saoulon vu que le building était une aire ouverte et que la sécurité était absente…
On pensait nos soucis résolus en rentrant dans l’autobus, mais non. Le lendemain matin, on arrête sans raisons sur le bord de la route, où il y a justement déjà plusieurs autobus. On nous apprend à ce moment qu’il y a un blocage de route, et qu’on ne pouvait savoir combien de temps cela allait durer. On reprend finalement la route 30 minutes plus tard. “On va tenter de passer”, de dire la jeune fille de l’entreprise de transport. Mauvaise idée, car 10 minutes plus tard, après avoir fermé les rideaux pour “arrêter les pierres que les paysans pourraient tenter de nous jeter”, de dire la petite fille de la bus sur son ton le plus rassurant, notre bus est de nouveau arrêté, mais cette fois au milieu des combats opposant les paysans au force de l’ordre… Avec 3 autres autobus, on est entouré de paysans, qui nous séquestrent en mettant avant et après nous des milliers de roches et quelques pneus en feu et obligent les 4 bus dont le nôtre à participer au blocage, en ce stationnant en zigzag, question de bloquer entièrement le chemin. Je capotais un peu, on s’entend, mais finalement les manifestants sont en grande majorité partis continuer les combats à l’une des deux extrémités du blocage. On apprit à ce moment là en demandant à une dame à l’extérieur (oui, on a pu sortir du bus) que plusieurs communautés paysannnes à travers tout le pays s’étaient mobilisées pour dénoncer l’inflation, à savoir la perte de pouvoir d’achat du dans ce cas-ci à la montée du prix des nécéssités. Plein de monde arrivait avec des paniers pour nous vendre de la bouffe, alors on a passé la journée à regarder au loin l’évolution de la situation, l’arrivée dune centaine de policiers et la poursuite des combats tout en mangeant salement. 12 heures aprés notre arrêt non-désiré, la petite madame du bus nous demandait de remonter, et de refermer les rideaux. Les policiers avaient libéré la voie (ouin…), mais il restait des manifestants aux abords de la route. 15 minutes après avoir repris notre chemin, une fenêtre en avant de nous a volé en éclat, résultat d’une pierre bien propulsée. Deux heures plus tard, on arrivait tous sains et saufs à Arequipa.
Encore une fois, on est arrivé tard en soirée, alors je n’ai découvert la ville que le lendemain. Arequipa est reconnue d’abord pour son indépendantisme et ses magnifiques églises. Mais elle est surtout reconnue pour sa vue sur le magnifique volcan Misti, et le canyon du Colca. Le brouillard envahissant ne m’a toutefois pas permis de profiter de ces deux choses. J’en ai été très attristée, vu qu’Antoine m’amenait là-bas principalement pour cela, mais bon. On s’est bien amusé quand même.

Puis, tout juste avant de partir pour Lima, on va au cyber pour se reconnecter au monde que l’on connaît. Vu que ça peut jamais être simple et facile ma vie en voyage, Antoine y apprend qu’Anibal et Antoine, les deux administrateurs respectifs du côtés péruvien et québécois du projet, ne travaillent plus au sein de l’AGM.
L’Associacion Gabriela Mistra est l’ONG aidée depuis environ 6 ans par un groupe principalement relié aux scouts de Notre-Dame-de-Grâce ainsi que plus récemment par un autre de Sherbrooke. Les deux groupes rassemblent des fonds pour subvenir aux dépenses de deux des 5 centres de l’AGM. Servant de support alimentaire et scolaire à environ 700 jeunes défavorisés de deux bidonvilles en périphérie de Lima, l’AGM est aussi à lorigine de plusieurs cuisines populaires. Sa présidente depuis sa fondation, Diana, avait engagé un inspecteur pour découvrir qui avait dérobé 4 chèques à l’organisation. Il a principalement enquêté sur l’administrateur et la comtable. C’est en faisant cela qu’il a trouvé plusieurs emails quelque peu dépréciateurs de Diana et de l’organisation échangés entre Anibal et Antoine. Ne pouvant plus leur faire confiance, elle leur a donc demandé de quitter le projet. Ça ressemble à un véritable séisme, puisque ces deux hommes étaient aussi les deux piliers du projet de coopération, et l’information leur a appartenue depuis le début. Ce qui met quelque peu le projet en péril. L’histoire est en fait encore plus compliquée que ça, mais bon, ça reste un pas pire résumé.
La seule bonne nouvelle dans tout cela est que l’on reste gratuitement chez Diana pendant notre temps à Lima, dans une super chambre avec un méga balcon juste pour nous, un déjeuner tous les matins et un dîner succulent tous les jours. Je me sens pas chez nous, mais bon… Je m’ennuie vraiment d’être dans mes affaires, chez moi. Je m’ennuie de la neige, du Québec, de ma famille, de mes amis, de la poutine…
Dans moins d’un mois, je reviens au Québec… et je serai sûrement la seule à espérer une grosse bordée de neige pour Pâcques !!!